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Publié : 9 juillet 2010

Édito du 14 juillet 2010

14 juillet : une journée nationale de la citoyenneté résistante ?

14 juillet, voilà une date qui ne pose, semble-t-il, pas de problème d’interprétation.
En ce jour férié, que personne ne remet en cause, tout le monde politico-médiatique se réunit autour des symboles de la République, commémore, défile, festoie ; chaque commune « d’importance » affiche son « républicanisme » à prix d’or, avec le plus beau feu d’artifice…


De quoi satisfaire les citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui ?

Voire…
Il en est du 14 juillet comme de beaucoup d’autres dates de notre histoire : il n’échappe pas au formatage de l’instrumentalisation de l’histoire :
En quoi le défilé militaire sur les champs Élysées commémore-t-il la prise de la Bastille ?
En quoi la « garden party » de l’Élysée assurait-elle la mémoire des révolutionnaires de 1789 ?
En quoi sa suppression par le bon vouloir du prince répond-elle aux aspirations populaires ?

Et si, en réalité, le 14 juillet était une date pivot dans l’histoire de la résistance à l’oppression ? Celle qui marque l’irruption du peuple dans l’action, celle qui rompt avec l’attentisme des cénacles politiciens, celle qui fonde les droits de l’homme et du citoyen et lance la lutte concrète contre les privilèges… plus que jamais d’actualité.

Finalement les bals populaires étaient bien des manifestations fidèles à cet esprit : le souvenir d’un « jour heureux » où le peuple a pris conscience qu’il écrivait lui-même son histoire, comme en 1936 dans les usines occupées et comme en 1944 lors de la Libération…

14 juillet 2010 : les citoyens résistants ont-ils de quoi se réjouir ?