(ré)écouter l’Appel des Résistants de 2004
Article mis en ligne le 15 mai 2010 par C.R
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L’ « Appel de résistants » a été lancé en 2004 à l’occasion de l’anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance adopté en 1944 ».

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

Signataires :
Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

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Sortir de la crise.
Ribes - le 23 mai 2010

SORTIR DE LA CRISE DES DETTES PUBLIQUES ET DE LA CRISE ECONOMIQUE.

Une inflation à 4% prônée par le FMI et des mesures budgétaires et fiscales vigoureuses ne suffiront pas à rembourser les montagnes de dettes publiques de nombreux pays développésMême s’ils parvenaient enfin à endiguer l’évasion fiscale à travers les paradis fiscaux(estimée entre 350 et 500 milliards de dollars par an selon la Banque mondiale et la CNUCED,dont 15 à 20 pour la France).

D’autant moins que l’effet le plus immédiat de ces mesures sera de plonger les Etats les plus endettés dans un chômage chronique, une croissance molle,sinon une récession,avec contagion des autres pays.

Leur salut financier,économique et social ne peut venir que d’une relance vigoureuse de l’emploi et de la croissance.En s’inspirant des règles qui furent appliquées dans le cadre du Plan Marshall,il suffirait d’autoriser l’instauration de taxes d’importation sur les produits en provenance de pays qui ne respecteraient pas les normes sociales fixées par le Pacte International relatif aux Droits Economiques,Sociaux et Culturels de l’ONU et par les Conventions Fondamentales de l’OIT et des normes minimales de protection de l’environnement et de la santé.Ce qui conduirait naturellement ces pays à fonder leur croissance davantage sur leur demande intérieure et moins sur l’exportation,à résorber plus rapidement le sous-emploi d’une fraction importante de leur population et à en améliorer le pouvoir d’achat.

De nombreux économistes réputés libéraux ,comme Maurice Allais(prix Nobel d’Economie)et Christian Saint-Etienne(professeur d’Economie),écrivent depuis longtemps que la libre concurrence entre pays dont les normes sociales et environnementales sont radicalement différentes ne conduit pas à un optimum économique et social mondial.IL SERAIT TEMPS D’ORGANISER UN COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA LIBRE CONCURRENCE.

Il semble indispensable et urgent d’en finir avec le tabou d’un libre échange non régulé,qui est la cause essentielle des déséquilibres macroéconomiques à l’origine de la crise actuelle et qui interdit aux pays développés les plus endettés tout espoir de relance significative de l’emploi,de la croissance et de recettes fiscales et sociales suffisantes pour rembourser les montagnes de dettes,publiques et privées, qu’ils ont accumulées.

Il est évident que ce changement de paradigme devrait s’accompagner de l’instauration d’un nouveau Système Monétaire International et de l’établissement d’une Convention Financière Internationale qui instaurerait une saine régulation financière internationale.

Sortir de la crise.
Ribes - le 23 mai 2010

Gilbert Ribes. Paris,le 25 mars 2010.

APPEL AUX DIRIGEANTS POLITIQUES DU G20 ET DE L’UNION EUROPEENNE.

Nous,citoyens européens et citoyens du monde,

Pour éviter l’éclatement d’une bulle mondiale de manifestations de masse et de révoltes,contre le chômage,la précarité,la pauvreté,dont la Grèce et les émeutes de la faim dans différents pays nous donnent un avant-goût,

Pour que chaque citoyen du monde ait accès à l’eau potable,à l’électricité,à une nourriture suffisante,à un abri décent,à l’éducation et à la santé,

Nous demandons aux dirigeants du G 20 de mettre leurs actes en conformité avec leurs déclarations,leurs engagements et les traités internationaux qu’ils ont ratifiés,

Nous dénonçons leur impuissance face aux entreprises financières et aux firmes transnationales,

Nous rappelons que ,conformément au Pacte International des Droits Economiques,Sociaux et Culturels de l’ONU qu’ils ont ratifié,leur premier devoir économique et social est de créer les conditions du plein emploi et de l’amélioration du niveau de vie de tous leurs concitoyens,pour assurer à chacun le droit au travail et la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille en remplissant son devoir de travailler,dans la mesure de ses capacités,

Nous dénonçons la faiblesse des dirigeants politiques européens,face aux Etats-Unis et à la Chine.

Il ne suffit pas de déplorer l’hégémonie du dollar,le laxisme monétaire américain,la sous-évaluation arbitraire du yuan,les dangers de l’accumulation excessive des réserves monétaires chinoises,la volatilité des taux de change,les spéculations et les manipulations monétaires des hedge-funds,

Il faut,en urgence,après la fin des accords de Bretton-Woods,décidée unilatéralement par les américains en 1971,instaurer un nouveau Système de Régulation Monétaire Internationale,permettant notamment un contrôle multilatéral de la création monétaire mondiale,un rééquilibrage concerté des déséquilibres structurels des balances de paiements courants,l’ajustement des taux de change et la fin des spéculations monétaires disproportionnées par rapport aux besoins de l’économie réelle.

Il ne suffit pas de déplorer les endettements excessifs et l’insolvabilité de nombreux agents économiques,publics et privés,le non respect des normes prudentielles,l’opacité de certaines entreprises financières ou sociétés écrans,la complexité,la perversité et la diffusion dans le monde entier de certains produits financiers ou d’assurance-crédit,la spéculation débridée sur les produits dérivés,

Il faut,sur la base d’une Convention Financière Internationale,instaurer une régulation financière internationale,s’appliquant à tous les territoires(y compris les paradis fiscaux),à toutes les entreprises financières ou non financières(y compris les hedge-funds),à tous les types de produits financiers préalablement agrées(y compris les produits dérivés)et à tous les produits d’assurance-crédit(y compris les CDS).

Il ne suffit pas de demander aux paradis fiscaux de bien vouloir coopérer aux enquêtes internationales concernant des personnes physiques soupçonnées d’évasion fiscale,

Il faut exiger,des paradis fiscaux comme de tous les territoires,la publication systématique de l’identité des actionnaires et des comptes de toutes les sociétés,trusts ou fondations qui y sont domiciliées,pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale( non seulement des personnes physiques mais aussi et surtout des institutions financières et des firmes transnationales)et pour lutter contre les trafics criminels en tous genres(drogues,armes,prostitution et autres),le financement du terrorisme ou des guerres civiles,la corruption,le détournement des fonds destinés à l’aide au développement,le contournement des règles prudentielles,la spoliation de l’épargne des ménages,la spéculation débridée,et il faut interdire ou taxer lourdement toute transaction financière avec des territoires qui ne respecteraient pas les obligations fixées par la Convention Financière Internationale.

Il ne suffit pas de déplorer le chômage, le sous-emploi,la précarité des conditions de vie,le dénuement ou la pauvreté de populations entières qui existent dans tous les pays,développés,émergents et moins avancés,

Il faut accompagner le libre échange du respect des normes sociales fixées par le Pacte International des Droits Economiques,Sociaux et Culturels de l’ONU et par les Conventions Fondamentales de l’OIT et du respect de normes minimales de protection de l’environnement et de la santé,autoriser l’instauration de taxes d’importation sur les produits en provenance de pays qui ne respecteraient pas ces normes,inciter les pays émergents à fonder leur croissance davantage sur leur demande intérieure et moins sur l’exportation,en s’inspirant des règles appliquées dans le cadre du Plan Marshall.

Il ne suffit pas,ici ou là,de temps à autre,de dénoncer des exploitations économiques et sociales dégradantes d’hommes,de femmes ou d’enfants,ou de dénoncer des atteintes graves à l’environnement ou à la santé humaine,

Il faut instaurer un Tribunal Pénal International pour juger les crimes économiques,sociaux et environnementaux.