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Publié : 27 novembre

[COMMUNIQUÉ - UNE CENSURE INACCEPTABLE]

Samedi 23 novembre, les responsables du Cinéma L’Utopie à Sainte-Livrade-sur-Lot (Lot-et-Garonne) ont été contraints sous la menace d’incidents graves d’annuler la projection du film Résistantes un film de Fatima Sissani et le débat prévu en sa présence.
Cette censure inacceptable s’est exercée au nom d’une défense des harkis qui ne sont jamais cités dans ce film. Les spectateurs de Sainte-Livrade ont été ainsi privés du témoignage d’Eveline Safir Lavalette, Zoulikha Bekaddour, Alice Cherki, résistantes engagées dans la lutte pour la libération de l’Algérie.
La société de distribution du film, les Films des deux rives, membre du Syndicat des Distributeurs Indépendants (SDI), qui a déjà participé à la programmation de ce film dans plus de 80 salles en France, assure les responsables de la salle l’Utopie à Sainte-Livrade de sa totale solidarité, appelle les producteurs, distributeurs et programmateurs de salles à protester contre cette censure d’un film Art et essai qui a obtenu le visa d’exploitation nécessaire à la projection en salles.
Nous proposons aux programmateurs de salles de manifester leur solidarité avec les spectateurs de Sainte-Livrade en proposant une soirée exceptionnelle avec le film Résistantes. Ainsi le public des salles Art et essai pourra réagir à cette censure et constater la valeur de ce document pour une histoire déjà ancienne, mais qui reste à documenter.

L’équipe des Films des deux rives.

Ce film était projeté dans le cadre du rassemblement des Glières, en 2018.

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2 Messages

  • [COMMUNIQUÉ - UNE CENSURE INACCEPTABLE]

    il y a 1 semaine, par Philippe Baqué

    Non à l’atteinte à la liberté d’expression dont ont été victimes la réalisatrice Fatima Sissani et le cinéma Utopie de Sainte-Livrade

    Nous, associations et organisations, sous-signées, dénonçons la grave atteinte à la liberté d’expression qu’ont subi ce samedi 23 novembre la réalisatrice Fatima Sissani et le cinéma Utopie de Sainte-Livrade. Le cinéma avait programmé le film documentaire Résistantes, Tes cheveux démêlés cachent une guerre de 7 ans, de la réalisatrice indépendante Fatima Sissani qui présente les portraits croisés de trois femmes engagées dans la lutte de libération du peuple algérien à la fin des années 50 et au début des années 60. Avec clarté et pudeur, ces femmes racontent l’Algérie coloniale, la ségrégation, le racisme, l’antisémitisme, la prison, la torture, les solidarités, la liberté... pour lancer un appel à la paix. Cet admirable témoignage historique a été diffusé dans une centaine de salles et dans une dizaine de festivals. Sans aucun problème. Mais à Sainte-Livrade, cela n’a pas été possible à cause d’une poignée d’individus se prétendant représentatifs de la communauté harkie et dénonçant un film insultant les Harkis et la présence d’une supposée représentante du FLN. Ils ont pu exprimer publiquement leur souhait d’empêcher la projection du film et le débat avec la réalisatrice qui devait s’en suivre, allant jusqu’à menacer de mettre le feu au cinéma. Cela, alors que le documentaire Résistantes n’évoque à aucun moment les Harkis et que la réalisatrice totalement indépendante ne représente en rien le FLN. Ces individus ne connaissaient pas le contenu du film mais cela leur importait peu. Même la cause harkie ne semblait pas les préoccuper car pour eux les femmes témoignant dans le film n’étaient pas des « résistantes » mais des « terroristes » et ils ont piétiné le drapeau algérien devant le cinéma, montrant ainsi qu’ils étaient plutôt animés par un soutien à l’OAS et à l’Algérie française.
    En conséquence, Fatima Sissani ne se sentant pas en sécurité a préféré annuler sa venue. Le cinéma Utopie, suite à l’agression de l’un de ses responsables par un des individus qui manifestaient devant le cinéma, a dû annuler le projection.
    Nous demandons que des poursuites soient engagées contre ces individus et que la liberté d’expression soit garantie dans les cinémas et les espaces culturels.
    Nous tenons à reconnaître la souffrance des Harkis victimes comme l’ensemble du peuple algérien de la politique coloniale de l’Etat français et qui ont été les oubliés de l’histoire après 1962.

    Signataires Lot et Garonne : L’association L’écran livradais-Cinéma L’Utopie, Cinéma Les Montreurs d’Images, Les Porteurs d’ID, Repères, la revue Ancrage, Atel4, Solidarité Réseau d’éducation sans frontières 47, La Maison des Femmes ; Attac Villeneuve-sur-Lot, Ligue des droits de l’Homme de Villeneuve-sur-Lot, le MRAP, Palestine 47 ; Les Insoumis 47, le NPA 47, Europe-Écologie-Les-Verts 47 ; PCF 47 ; PS 47.
    Signataires autres départements : Les AOC de l’égalité en Nouvelle Aquitaine (collectifs d’associations) ; La courte échelle.ed Transit ; Hendaia Film Festival ; Syndicat des quartiers populaires de Marseille ; Approche culture et territoire ; 24images ; Mémoire en marche ; 360° et même plus (collectif de cinéastes) ; Les films des deux rives.

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  • [COMMUNIQUÉ - UNE CENSURE INACCEPTABLE]

    il y a 1 semaine, par Jean-Michel POUX

    Bonjour,

    La liberté d’expression dans un état laïc est simple : on a le droit de tout dire dans l’espace privé et on doit faire attention à ce qu’on dit dans l’espace public (pour ne pas choquer le passant). Ceux qui sont contre un film ne sont pas obligés d’aller le voir.

    De même, les dessins de Charlie, choquants pour certains, auraient dû rester à l’intérieur du journal, car les couvertures sont vues par les passants qui n’ont rien demandé.

    Dès lors que l’espace est privé, seuls ceux qui ont décidé de s’y rendre assistent à ce qui est montré. Les autres n’ont qu’à passer (librement) leur chemin.

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