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Par : bc
Publié : 12 octobre 2015

Air France, sur la violence....

Et voici Dom Elder Camarra

« Il y a trois sortes de violence.

-La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle,
celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les
exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses
rouages silencieux et bien huilés.

-La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté
d’abolir la première.

-La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la
seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence,
celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de
n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui
la fait naître, et la troisième qui la tue.
»

Et voici Jaurès, qui proclame, face à Clémenceau, le Valls du début du
siècle, :


« Nous voulons demander à la classe
ouvrière de s’organiser légalement pour échapper à toute tentation et à
toute possibilité de violence ; mais, monsieur le ministre de l’Intérieur,
nous ne sommes pas, nous ne voulons pas être dupes des classes dirigeantes
(…) Ce qu’elles entendent par la répression de la violence, c’est la
répression de tous les écarts , de tous les excès de la classe ouvrière ;
c’est aussi sous prétexte de supprimer les écarts, de réprimer la force
ouvrière elle-même, et de laisser le champ libre à la seule violence
patronale.

Oui, monsieur le ministre, la violence c’est chose grossière, palpable,
saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est
noté. Un acte de brutalité, il est vu, il est retenu. Une démarche
d’intimidation est saisie, constatée, traînée devant les juges. Le propre
de l’action ouvrière dans ce conflit, lorsqu’elle s’exagère, lorsqu’elle
s’exaspère, c’est de procéder en effet par la brutalité visible et
saisissable des actes.

Ah, le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de
gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se
rassemblent à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil
d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes
désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour d’un
tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux
ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront
exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles,
mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale.

»